LA CAMPAGNE DE 1814

A la fn de l’année 1813, la France était pour la première fois, et ce depuis la bataille de Valmy en 1792, réellement menacée dans son intégrité, son identité, son territoire national. Malgré son génie stratégique, Napoléon, privé de presque tout, ce tout qui participe aussi de la condition des victoires, lieutenants fdèles, c’est à dire gardiens de la foi, soldats d’expérience, puissant sentiment national, adhésion du peuple, bref, presque seul au milieu de ses grognards, dû regarder le Rhin, cette fois-ci comme une vraie frontière. Il avait encore le choix, à la fn de cette année là, d’une paix honorable :
en gros les coalisés lui laissaient la France , telle qu’elle était à la fn de la Révolution, ni plus ni moins, et son trône. Pour l’Empereur, qui voulait garder l’Italie, la Westphalie, la Hollande, c’était une insulte. Il croyait encore à sa vista, sa chance, son génie, et plutôt que de palabrer, et de s’enferrer dans des diplomaties humiliantes, des Campo-Formio à l’envers, risqua le tout pour le tout, avec courage, panache, et détermination. Et en effet, si on ne connaissait pas l’issue de cette histoire, cette campagne de France fût l’une des plus belles du point de vue de la stratégie et de l’art de la guerre.

Face aux 400 000 soldats de la coalition, autrichiens, prussiens, russes, suédois, (auxquels il faut ajouter les 100 000 anglo-espagnols au Sud, et les 20 000 napolitains de l’ultime et stupide trahison de Murat) les généraux restés debout après Leipzig, se tenaient prêts à affronter la foudre. Augereau et Mortier dans le Lyonnais et le Morvan, pour faire face à l’armée russe de Bellegarde en train de franchir les Alpes ; Ney, Marmont, Macdonald et Maison sur le Rhin, face aux armées de Schwartzenberg, de Blücher et de Bernadotte, n’eurent à opposer qu’un peu moins de 100 000 hommes. Alors, en principe, la partie était jouée, et le mat rapidement prévisible. Eh bien non, ce ne fut pas une blitz-krieg. Au contraire, depuis le 1er janvier 1814, date à laquelle Blücher franchit le Rhin, jusqu’à la capitulation du 4 avril, ce fut une quasi succession, pour les français, de combats victorieux, et paradoxaux, car, in fne, face au nombre, il y a toujours un 4 avril et des adieux à Fontainebleau.
En publiant ce livre, nous voulons montrer ce courage, cette infexibilité, cette légende encore à l’œuvre. Les nombreux textes qui ont été écrits sur telle ou telle bataille, ou sur la campagne entière, nous ont permis d’englober ce monde là dans son ensemble, de le comprendre et de le détailler. C’est pourquoi il nous a paru très utile de publier, notamment, des cartes géographiques d’époque, pour bien visualiser ces lieux de l’Est de la France, et, en sus des cartes habituelles de Serge Baudouard, des cartes des batailles levées peu de temps après, en double page également, pour apprécier au mieux les positions des troupes et la qualité graphique de ces cartes anciennes. L’iconographie, plus abondante , et plus belle que celle sur 1813, nous a permis de nous faire plaisir en mettant en valeur sur deux voire parfois sur quatre pages, que ce soit les tableaux « topographiques » de Jung ou de Fort, que ceux des peintres de bataille proprement dits.
Ces quatre mois de campagne méritaient donc un traitement de valeur à la hauteur de ces évènements. C’est pourquoi, l’iconographie sera très libéralement dispensée, en veillant, comme par le passé, à privilégier nos choix selon ces deux seuls axes : la valeur historique et/ou la valeur esthétique.




Tirage limité à 250 exemplaires.
en soie d'Orient, tous numérotés ... 520€.
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La campagne de 1814
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