1809 : LA CAMPAGNE D'ITALIE

Quand, en Espagne, les Armées Françaises se trouvèrent en difficulté, particulièrement après la défaite de Baylen en Juillet 1808, le parti anti-français à la cour de Vienne releva la tête en apercevant la possibilité d’une revanche sur l’ennemi de toujours. Durant l’automne et l’hiver 1808/1809, l’Autriche forma une nouvelle alliance, secrète, avec la Grande Bretagne pour exploiter les difficultés que Napoléon avait en terre d’Espagne. Entre-temps, l’armée autrichienne avait subi plusieurs réformes structurelles qui la rendaient plus moderne et plus efficace et cela augmenta la confiance de l’État-major concernant la possibilité de revanche contre les Français. Napoléon, toujours soupçonneux, se rendit compte du danger du complot entre Londres et Vienne et commença les préparatifs pour déjouer la menace. Les deux principaux théâtres de bataille seront de nouveau l’Allemagne et l’Italie, tandis que la Pologne sera un front secondaire. La guerre est déclarée par l’Autriche et le 10 avril 1809 l’Archiduc Karl envahit la Bavière, tandis que l’Archiduc Johann envahit l’Italie par Pontebba. Napoléon accourt en Allemagne, qui sera le front le plus important et il laisse l’Italie au Vice-roi Eugène de Beauharnais.

Ce qui nous intéresse le plus, ici, c’est donc la campagne d’Italie où le Prince Eugène de Beauharnais, Vice-roi d’Italie, et beau-fils de Napoléon, commande cette armée d’Italie forte de presque 90.000 hommes, 6500 chevaux et plus de 100 canons. En font partie des régiments Italiens, des régiments français et des régiments français recrutés dans les départements italiens de l’Empire. La guerre s’ouvre le 10 Avril à 5h30 du matin, quand un officier autrichien se présente au poste de frontière franco-italien à Pontebba et demande l’officier de service. Le lieutenant du 9ème de ligne, au commandement de 18 fantassins et 5 dragons, lit l’ultimatum avec lequel l’Archiduc Johann l’informe que ses troupes sont en train d’avancer pour envahir l’Italie. Une demi-heure plus tard, l’avant poste est balayé par des forces ennemies écrasantes en marche vers les plaines du Frioul. Bien que Napoléon ait averti Eugène de l’imminence de l’attaque des Autrichiens, le Vice-roi était mal préparé ; il pensait que la guerre ne commencerait pas en avril, mais plus tard ; et toutes ses troupes étaient encore cantonnées à l’intérieur du Royaume et donc loin de la frontière. Eugène a reçu les premiers renforts de l’intérieur du Royaume et il décide de stopper les Autrichiens sur la rive gauche de la Livenza, à Sacile, le 16 Avril. La position, avec le fleuve en arrière, est très mauvaise et le Vice-roi est en infériorité numérique. Le résultat de la bataille est résumé par les paroles écrites par le Prince à Napoléon le jour après la bataille “Moi, j’ai donné bataille, et j’ai la douleur d’annoncer à Votre Majesté que je l’ai perdue”. La première véritable bataille d’Eugène de Beauharnais est une défaite cuisante. Mais, Eugène va aussitôt se racheter, et va repousser les armées autrichiennes, dans cette suite de batailles victorieuses, qui s’égrènent depuis la plaine du Pô, à travers le Frioul et les Alpes Pénines, jusqu’à la pusta hongroise, comme des perles d’or : Caldiero, la Piave, Malborghetto, Tarvisio, Raab, où le maréchal Mac Donald, envoyé par Napoléon, le rejoindra. Dans cette campagne Eugène de Beauharnais se montrera audacieux, intelligent, et la garde Royale, particulièrement courageuse.

Il nous a semblé plus qu’indispensable de vous raconter cette campagne, pour deux raisons essentielles : premièrement, parce qu’elle est toujours passée sous silence, évacuée en quelques lignes, et qu’elle méritait donc beaucoup mieux que ce traitement, et deuxièmement, parce que nous disposons d’une iconographie magnifique et totalement inédite, en l’occurrence les tableaux d’Albrecht Adam, témoin et acteur de ces batailles, comme il le fut, toujours dans l’Etat Major d’ Eugène, en Russie, d’où il a rapporté ces extraordinaires toiles que vous avez pu admirer dans notre ouvrage sur la campagne de 1812. La bataille de la Piave, la prise de Malborghetto, la bataille de Tarvisio, la bataille de Caldiero, celle de Raab, toutes ces victoires sont représentées par de très grands tableaux, puis, dans notre ouvrage, reproduits en doubles pages mais également reproduits dans tous leurs détails : un détail à l’échelle d’une toile, est souvent plus grand qu’une page de livre, c’est pourquoi ces détails là tiennent souvent l’espace d’une pleine page ; et enfin, ces tableaux et leurs détails ainsi mis en valeur sont analysés, sur les plans historique, militaire, stratégique et uniformologique, par des spécialistes de cette campagne. Enfin, comme habituellement, Serge Baudouard nous donne ici à voir quelques vingt cartes illustrant ces batailles, avec son talent et sa connaissance unanimement reconnus.
Un tome de 256 pages en grand format sous coffret, relié en soie d'Orient, numéroté avec tranche fil,gardes vergé. Tirage limité.
La campagne d'Italie 1809 :
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